Boisson spiritueuse à base de rhum : dénomination légale

Boisson spiritueuse à base de rhum : dénomination légale

2026-07-25

Par David Appadourai, ANTIK

Pourquoi notre étiquette dit « boisson spiritueuse à base de rhum » et pas « rhum »

Un matin, la DGCCRF a appelé Marvin. Contrôle sur nos étiquettes. Il a transmis les visuels par mail dans la foulée, et le verdict est tombé vite : on ne pouvait pas écrire « rhum » tout seul sur nos bouteilles. On allait devoir passer à « boisson spiritueuse à base de rhum ». Sur le moment, ça nous a agacés, je vais pas mentir. Moi je gère le site et la paperasse, donc j'ai passé la soirée dans le règlement pour comprendre exactement ce qu'on avait le droit d'écrire. Voici ce que j'en ai retenu, et pourquoi notre dénomination légale est ce qu'elle est.

« Rhum » est une dénomination légale, pas un mot marketing

Le mot « rhum » est encadré par le règlement européen (UE) 2019/787. Il ne désigne pas n'importe quel alcool brun. Pour porter la dénomination « rhum », une eau-de-vie doit être distillée à partir de mélasse, de sirop de canne ou de jus de canne à sucre frais, à moins de 96 % vol. Elle garde le goût du rhum, sans arôme ajouté. On peut corriger la couleur au caramel et sucrer très légèrement, 20 g/l au maximum, et c'est tout. Le titre minimum est de 37,5 % vol.

Nos produits, eux, sont des rhums infusés. On part d'un rhum, on fait macérer des plantes et des épices dedans, du piment et de l'hibiscus pour le Fire par exemple. Dès qu'on ajoute des arômes de cette façon, on sort de la case « rhum » au sens légal. Le liquide est bon, il est à 50°, mais réglementairement ce n'est plus un rhum, c'est une boisson spiritueuse à base de rhum. La nuance a l'air d'un détail, mais pour la DGCCRF ça n'en est pas un.

La règle de l'étiquette : terme composé et liste d'ingrédients

Deux points sont ressortis du dossier que la DREETS nous a transmis.

Le premier : « rhum » seul est interdit comme dénomination d'un produit infusé. On doit passer par un terme composé. « Boisson spiritueuse à base de rhum » est la formulation conforme, et elle doit figurer clairement, sans créer de confusion avec un rhum classique. On a plaisanté deux minutes sur l'idée de l'écrire en tout petit au-dessus de « rhum ». Puis on l'a écrit en clair, parce que la loi interdit justement de tromper le client sur la nature du produit.

Le second point, c'est la liste d'ingrédients, encadrée par le règlement INCO (UE) 1169/2011. Sur une boisson spiritueuse, cette liste n'est pas obligatoire. Mais si on décide d'en afficher une, elle doit être complète, rangée par ordre de poids décroissant, et précédée du mot « Ingrédients : ». Notre ancienne étiquette affichait seulement « piment, hibiscus, cannelle ». Une liste partielle, sans le rhum et sans le préfixe, donc non conforme. On avait le choix entre tout lister dans l'ordre ou ne rien lister. On a retiré la liste et gardé les dessins. C'est plus simple, et il n'y a plus rien à redire.

Rhum agricole ou rhum de sucrerie : d'où vient la base

Puisque tout part du rhum de base, autant savoir ce qu'il y a derrière le mot. Le règlement distingue deux familles.

Le rhum de sucrerie, dit aussi industriel, est distillé à partir de mélasse ou de sirop, les sous-produits de la fabrication du sucre. C'est le plus répandu dans le monde. Le rhum agricole, lui, est distillé directement à partir de jus de canne à sucre frais, pressé puis fermenté. Deux matières premières qui donnent deux profils différents.

Quand on choisit une base pour infuser, ça change tout. Un rhum de sucrerie et un rhum agricole ne réagissent pas pareil avec le piment ou le gingembre. C'est un choix de recette, et il se fait avant même la macération.

Les signes de qualité, et ce qu'on ne revendique pas

Pour les rhums eux-mêmes, il existe des signes officiels gérés par l'INAO. Une appellation d'origine contrôlée protège un rhum français, et plusieurs indications géographiques couvrent des rhums de départements d'outre-mer. Derrière chaque label, un cahier des charges strict : origine de la canne et zone de production délimitée.

Nous, on ne joue pas dans cette cour, et on ne le prétend pas. Une boisson spiritueuse à base de rhum n'est pas un rhum d'appellation. C'est écrit sur nos étiquettes, dénomination légale comprise. Je préfère assumer ce qu'on fait plutôt que jouer sur les mots.

En clair

La dénomination légale de nos bouteilles, c'est « boisson spiritueuse à base de rhum ». Pas par choix marketing, par obligation, et je trouve ça sain : le client sait exactement ce qu'il achète. Si vous voulez voir la gamme et les étiquettes à jour, tout est sur /commander. Une question précise sur une mention légale, écrivez-nous via /contact, je réponds moi-même.


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