120 bouteilles : entrer chez un distributeur premium

120 bouteilles : entrer chez un distributeur premium

2026-08-11

Par Marvin, fondateur et chef d'ANTIK

On vient d'être référencés chez un des plus célèbres distributeurs de spiritueux. Trois ans après les premières bouteilles, au moment où beaucoup de maisons de notre taille ferment. Je ne vais pas le nommer, ce n'est pas mon histoire à raconter, et de toute façon ce n'est pas le sujet.

Ce que personne ne raconte, c'est ce qui se passe entre le oui et la livraison. Voilà cette partie-là.

Le oui, c'est le début du travail

Une fois le référencement acquis, il faut produire. Pour moi ça voulait dire 120 bouteilles à préparer, pendant que je devais aussi tenir un événement à Paris et réassortir les clients qui commandaient déjà.

Je macère, je mets en bouteille, j'étiquette et je coiffe à la main. 120 bouteilles, c'est pas un bouton sur lequel on appuie, c'est des journées d'atelier à caler entre le reste. Le jour où la commande tombe, la vraie question n'est pas « est-ce que je suis content », c'est « est-ce que j'ai le stock de souches et le temps ».

Décider ce qu'on envoie

Un distributeur prend les trois références. Il reste à décider dans quelles proportions, et c'est là qu'on choisit ce qu'on veut être.

J'ai imposé deux fois plus de FIRE que le reste. Mon allocation, c'est 50 % FIRE, 25 % GREEN, 25 % YELO.

La raison est simple. Le FIRE, à 50°, piment et hibiscus, c'est le plus clivant des trois. Il y a des gens qui le trouvent trop fort et ils le disent. Si j'entre dans une maison qui voit passer des centaines de spiritueux, je préfère qu'on me remarque pour ce qui me distingue plutôt que de rentrer par la référence la plus consensuelle et de me fondre dans le rayon.

C'est un pari. Un distributeur peut aussi se dire que c'est trop. Je l'assume, c'est celui qui a été noté 92 sur 100 au Gault & Millau.

La logistique vous rattrape toujours

J'avais prévu d'expédier sur palette. La commande est tombée à cheval sur le 14 juillet, mon transporteur habituel ne pouvait pas suivre les délais avec ce format, et souscrire chez un autre prestataire pour l'occasion coûtait plus que ça ne rapportait.

Donc c'est parti en cartons, avec les codes-barres collés dessus un par un, et un mail envoyé en amont pour prévenir que la palette n'arriverait pas. Prévenir avant, c'est la seule chose qui transforme un imprévu en information.

Ce détail-là résume assez bien le métier. On passe des mois à obtenir un référencement, et le vrai obstacle de la dernière semaine, c'est un jour férié et un format de palette.

Ce que ça a changé chez nous

Des codes-barres propres sur chaque référence et sur chaque carton, des fiches produit complètes en français et en anglais, une constance de lot à lot qu'on ne peut plus improviser.

Rien de tout ça n'était nécessaire quand je livrais moi-même six bouteilles à une cave du quartier. Tout devient nécessaire dès qu'un tiers met votre produit dans son système.

C'est du travail administratif que j'aurais pu faire plus tôt. Je l'ai fait parce qu'on m'y a obligé, autant être franc.

Ce que ça ne change pas

Le rhum. Même macération, même 50°, même peu de sucre, même coiffe nouée à la main. Je baisse pas la gamme parce que le volume monte, sinon il n'y a plus de raison d'acheter chez moi.

Ce que ça veut dire aussi : je prends une grosse commande seulement si le délai suit. Je préfère refuser que livrer un truc bâclé.

Travailler avec nous

Si vous êtes caviste, bar ou restaurant, les conditions professionnelles et le franco sont détaillés ici. Voir l'offre pro

Et si vous voulez goûter les trois avant de décider, je me déplace. Me contacter


L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.