
Combien coûte un salon quand on est un petit producteur
2026-08-03Par Marvin, fondateur et chef d'ANTIK
On me dit souvent qu'il faut « faire des salons ». C'est vrai. Ce qu'on me dit moins, c'est ce que ça coûte quand on produit à la main et qu'on vend à la bouteille. Voilà les chiffres que j'ai eus cette année, sans arrondir.
Un stand seul, c'est hors de portée
Pour le Whisky Live, la formule stand individuel démarre autour de 10 000 € HT. Dix mille euros, avant même de compter le transport, l'hébergement, les bouteilles que tu ouvres et celles que tu laisses partir en dégustation.
À mon échelle, il faudrait vendre plusieurs centaines de bouteilles sur deux jours juste pour rentrer dedans. Ça se fait pas.
Le stand partagé, lui, est tenable
La même manifestation propose d'être présent sur un stand multimarques, porté par un distributeur. Là on est à 750 €.
C'est le même salon, le même public, les mêmes acheteurs qui passent. Ce qui change c'est qu'on partage le comptoir et qu'on est pas seul à parler. Pour ce prix-là, je signe.
C'est comme ça que je raisonne maintenant : je regarde pas si un salon est prestigieux, je regarde par quelle porte j'y rentre. La même porte peut coûter treize fois plus cher selon comment tu la pousses.
Certains salons, je les fais en visiteur
Le Mondial du Rhum, j'y suis allé sans stand. Un badge visiteur, et une journée à croiser des cavistes, des acheteurs et des distributeurs.
C'est pas un repli, c'est un calcul. En exposant, tu attends que les gens viennent à toi et tu paies pour ça. En visiteur, tu vas les chercher, tu repars avec des cartes, et ça t'a coûté un aller-retour. Quand ton budget communication tient sur une facture ou deux, la question se pose vraiment.
Ceux que je refuse
Il y en a que j'ai écartés parce que le prix n'avait aucun rapport avec ce que ça pouvait rapporter. Un salon grand public m'a rappelé pour savoir où j'en étais, j'ai dit non, c'était bien trop cher pour nous à ce stade. Ils voulaient juste un retour, ils l'ont eu.
Refuser, c'est pas confortable quand tu débutes. T'as l'impression de rater le train. Mais un salon raté à 4 000 €, c'est deux mois de rhum que tu rachètes pas.
Et ceux qui me refusent
Ça marche dans les deux sens. J'ai candidaté à un festival de spiritueux et on m'a répondu non.
Sur le moment ça pique. Puis on a décroché notre certification quelques semaines après, et je me suis dit que ce refus servirait un jour d'anecdote. C'est le cas, il est dans cet article.
Un refus de salon, ça veut dire que le jury a des places limitées et beaucoup de candidats, pas que le produit est mauvais. Faut se le répéter le jour où le mail tombe.
Ce que je regarde avant de dire oui
Le prix d'entrée réel, transport et hébergement compris, pas juste la ligne du stand. Qui passe dans les allées, professionnels ou grand public. Et s'il existe une formule mutualisée, parce que c'est presque toujours là que se trouve le vrai tarif accessible.
Le reste, c'est de l'envie, et l'envie paie pas le rhum.
Goûter sans attendre un salon
Si vous voulez découvrir les trois infusions sans croiser mon stand quelque part, elles sont en ligne. Commander une bouteille
Et pour les professionnels, je me déplace faire déguster, c'est encore le format qui convertit le mieux. Me contacter
L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.