Faire déguster son alcool : la licence qu'on n'a pas

Faire déguster son alcool : la licence qu'on n'a pas

2026-08-05

Par Marvin, fondateur et chef d'ANTIK

Je fabrique du rhum infusé à Marseille. J'ai un atelier, des bouteilles, et des gens qui demandent régulièrement s'ils peuvent venir goûter sur place. La réponse est non, et c'est pas une question d'envie.

Fabriquer et servir, ce sont deux métiers différents aux yeux de la loi

Produire de l'alcool et le vendre en bouteille, c'est une chose. Le servir à boire à quelqu'un, c'en est une autre, et ça relève d'une licence de débit de boissons.

Autrement dit : je peux vous vendre une bouteille depuis l'atelier, je peux pas vous en servir un verre. Le fait que ce soit mon rhum, fabriqué par moi, dans mon local, change rien.

Beaucoup de petits producteurs découvrent ça au moment où ils veulent monter une visite ou un atelier payant. Moi je l'ai découvert en travaillant sur une expérience pour les touristes de passage à Marseille.

Notre règle, du coup

Zéro dégustation sur place. Tout ce qui se boit se boit chez un bar partenaire qui a déjà sa licence.

C'est plus simple que ça en a l'air. Le bar est en règle, c'est son métier, il a le comptoir, les verres et l'assurance qui va avec. Moi j'apporte les bouteilles et je parle du produit. Chacun reste dans son cadre.

Et il y a un bénéfice que j'avais pas anticipé : ça met le rhum dans un vrai bar, entre les mains d'un vrai barman, devant des gens qui commandent des cocktails. C'est un meilleur test que mon atelier.

Ce que mon local peut faire, et ce qu'il ne peut pas

Je vais pas raconter que l'atelier est un lieu de réception. C'est un lieu de travail.

Je peux y recevoir trois ou quatre personnes pour montrer comment ça se passe. Huit, j'ai pas le setup. Pas de bar, pas de sièges pour tout le monde, et des cartons partout parce que c'est là que se prépare la prochaine livraison.

Le local est aussi placé entre le centre-ville et l'aéroport, ce qui est pratique pour la logistique et beaucoup moins pour faire venir des gens qui repartent ensuite boire un verre sur le Vieux-Port. Faut prévoir comment ils rentrent.

Le prix, quand la dégustation se fait ailleurs

Quand on passe par un bar partenaire, la consommation se paie. Là aussi, autant donner les vrais ordres de grandeur.

Un cocktail complet dans un bar du centre, on est autour de 15 € par personne et par lieu. Si on veut enchaîner deux ou trois endroits, l'addition monte vite et le format devient inaccessible.

D'où l'idée du demi-cocktail, autour de 8 €. Ça permet d'enchaîner plusieurs arrêts sans faire exploser le prix, et la demi-dose correspond exactement à ce qu'on doit afficher de toute façon : c'est une dégustation, réservée aux plus de 18 ans, pas une tournée.

Ce que ça m'a appris

Que la contrainte réglementaire a fini par dessiner un meilleur format que celui que j'avais en tête. Je voulais faire venir les gens chez moi. Je les emmène chez des bars qui travaillent déjà mon rhum, ils voient le produit en situation, et je paie pas de licence pour un local qui sert à macérer.

Ça reste une contrainte. Je peux pas improviser une dégustation un soir où quelqu'un passe. C'est le prix à payer, je le paie.

Goûter quand même

Les trois infusions se commandent en ligne et se dégustent chez vous, sans licence de personne. Commander une bouteille

Et si vous tenez un établissement licencié et que ça vous dit qu'on organise une dégustation ensemble, écrivez-moi. Me contacter


L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.